La police nationale interdit à Annecy de déployer des drapeaux de Savoie lors de la cérémonie à la mémoire de «La Frichelette», âme de la résistance des Savoisiens contre les troupes d’invasion de la “révolution française”

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Savoie (De la rédaction de l’Agence de presse indépendante de Savoie, APIS).— Par ordre — selon les organisateurs de la manifestation — du préfet départemental de la Haute-Savoie Pierre Lambert, sous les fenêtres de fonction duquel se déroulait le rassemblement, la police nationale a interdit que continuent à être déployés les drapeaux de Savoie [1re photo], dimanche matin 14 mai 2017 sur l’esplanade engazonnée du Pâquier, pendant la commémoration de l’exécution à coups de fusil, ici même face au lac d’Annecy le samedi 18 mai 1793, de la servante et préceptrice Marguerite Frichelet-Avet, 37 ans, dite «La Frichelette», âme vive de la révolte d’habitants de Thônes et de villages à l’entour contre les troupes d’occupation de la Convention nationale – Ire République française (celles-là avaient envahi sans sommation le Duché de Savoie, alors partie intégrante du Royaume de Savoie-Sardaigne, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792).

Commemoration Frichelette 2017 2A aussi été interdit le maintien debout du monument en bois amovible supportant un buste, également en bois, de «La Frichelette» [2e photo].

En revanche n’ont été défendus ni les discours — l’un prononcé par un membre du parti indépendantiste «100% Savoie», organisateur de la commémoration [3e photo] ; l’autre par un adhérent du mouvement sécessionniste État fédéral de Savoie – Mouvement citoyen de Savoie — ni les distributions aux passants d’un tiers de feuillet relatant l’insurrection conduite par «Marguerite Frichelet 1756-1793 – Martyre savoisienne», d’un billet de banque fantaisie de «100 livres savoisiennes» à l’effigie de la suppliciée et d’un opuscule de huit pages intitulé «La Savoie aujourd’hui, qu’est-ce que c’est ? – État des lieux».

Commemoration Frichelette 2017 3Le parti «100 Savoie», qui affirme avoir été «dûment titulaire d’une autorisation ‘‘ad hoc’’ de la préfecture» départementale de la Haute-Savoie pour organiser cette commémoration, annonce qu’il «réfléchira aux suites contentieuses qui pourraient être données» aux interdictions opposées «verbalement par des fonctionnaires de police».

Selon l’organisation séparatiste, dont le journal télématique «Opinions savoisiennes» relayait la réaction samedi soir 14 mai 2017, «le seul motif avancé par la hiérarchie» des policiers nationaux pour interdire ceci (les drapeaux) et cela (le monument [4e photo]) «était la simultanéité» de l’hommage rendu à «La Frichelette», sur le Pâquier à Annecy, avec «la passation de pouvoir», à la présidence de la République française à Paris, entre le sortant François Hollande (Parti socialiste) et Emmanuel Macron (mouvement «En Marche !»/parti «La République en marche»), élu le dimanche 7 mai 2017.

Commemoration Frichelette 2017 4«D’un État de droit, continue-t-on de se diriger vers un État de non-droit, où le fait du prince deviendra la règle ?», s’inquiète «100% Savoie», qui se félicite, avec cette manifestation, d’avoir «inculqué à Monsieur le préfet sa première leçon d’histoire de Savoie : désormais, il sait qui est Marguerite Frichelet et qu’il n’a pas atterri en France, mais en Savoie ».

Pierre Lambert se trouve posté à Annecy depuis le 21 novembre 2016.

Marguerite Frichelet-Avet, née le 2 janvier 1756 à Thônes, avait quitté son village natal pour travailler en tant que servante et préceptrice dans des familles fortunées, successivement à Paris, en Anjou et à Chambéry. Elle-même y avait parfait son éducation et son instruction, et, à son retour au pays, en avait fait bénéficier gracieusement les enfants des vallées de Thônes. Du 4 au 10 mai 1793, celle qui, tout comme ses compatriotes savoisiens, était profondément catholique sera la figure de proue de la rébellion contre les troupes révolutionnaires françaises qui —d’après le tiers de feuillet distribué par «100% Savoie» sur le Pâquier à Annecy— attentaient «aux clochers à bulbe, aux biens de l’Église, aux curés». (APIS, 15 mai 2017)

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