La Chanson de l’Assiette

 

LA CHANSON DE L’ASSIETTE

Oh! N’a-t-on jamais vu
Un tour plus admirable!
Les Français résolus
Avec leur nez pointu
S’en partant de leur pays
En grande foule et presse
Pour s’emparer de l’Assiette
Que nous avions devant!
Oh! Les impertinent!

Belle-Isle, leur commandant,
Veut avoir l’avantage
D’avancer le premier
Comme un vaillant guerrier.
Sur le retranchements
Il va d’un gran courage
Pour goûter la salade.
Le vinaigre trop fort
Lui a causé la mort.

Tous les autres soldats
Qui aimaient la salade
Couraient d’un air gaillard
Pour en avoir leur part:
Mais sentant la chaleur
De cette Assiette ardente
Le courage leur manque:
d’abord ont laissè là
L’Assiette et tous le plats.

C’est pourtant chagrinant
De payer une sauce
D’en être rassasiés
Sens en avoir goûté!
Il vous en a couté
L’argent et l’equipage.
La vie et le bagage,
pour payer le dîner
A nos bon cuisiniers.

Belle-Isle commandant
Est parti de la France
Avec ses bataillons
Pour venir en Piémont.
Vous aviez résolu,
Chevalier de Belle-Isle
De venir prendre Exilles:
La mort vous a saisi
Et Exilles n’est point pris!

Retirez vous, Français
D’autour de notre Assiette;
Renoncez au ragout:
Il est trop fort pour vous!
On vous a fait goûter
Sur cette Assiette d’herbe
Una sauce si verte
Qu’ell’ vous a repoussés
jusqu’au Briançonnais.

Pourquoi venir, Français,
Nous enlever l’Assiette?
N’y en a-t-il pas a Paris
De plus jolies qu’ici?
Nous n’avons que cell’ ci
Et vous vouliez la prendre!
Mais nous, pour le défendre,
Nous l’avons rechauffée
Pour vous brûler le nez.

Si vous voulez savoir
Comment prendre l’Assiette,
Faut être matiniers
Dans le mois de janvier;
Vous la l’y trouverez
Sur une nappe blanche
Cette Assiette charmante:
Ell’ ne vous brul’ra pas
Dans cette saison-là!

Qui n’a fait la chanson
La chanson de l’Assiette 
Si on considère bien 
Ce sera Michelin 
Pour rire des Français 
Qui voulaient par adresse 
Nous enlever l’Assiette. 
Buvons à la santé 
De ceux qui l’ont gardée.

 

Atribuìa a David Michelin, Séc XVIII | La melodìa a corëspond a cola ‘d “La cambo me fai mau”, atrib. a Nicolas Saboly, Séc XVII

Un cantastorie leggendario

 

Antërpretassion ëd la Camerata Corale La Grangia (1975)

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