Dimanche 4 octobre: commémoration de la bataille de Méribel contre l’invasion jacobine des Etats de Savoie de 1793

invasion de la Savoie 1792 f

Dimanche 4 octobre 2015, à 15 h, au lieu dit « Méribel » à Sallanches (au-dessus des lacs des Îlettes), sera commémoré le combat qu’à l’automne 1793 menèrent ici des soldats et de simples citoyens des États de Savoie (Savoisiens, Valdôtains, Piémontais) pour bouter hors de la Savoie originelle les troupes de la Révolution française qui l’avaient envahie, sans déclaration de guerre, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792 .

Un goûter s’ensuivra, pris au bord d’un des lacs des Îlettes. Merci de penser à amener un « petit quelque chose » à partager.

Photo: Révolution française – Invasion de la Savoie – Chambéry – 1792. Gravure sur acier originale dessinée par Martinet, gravée par Lerouge ainé. Aquarellée à la main. 1835.

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Commémoration au lieu dit «Méribel», à Sallanches, de la bataille qui, fin septembre 1793, opposa ici des troupes de la Révolution française à des soldats du Royaume de Piémont-Sardaigne et à des habitants du Haut-Faucigny ayant essayé de libérer la Savoie envahie par Paris l’automne précédent

Sallanches (Du correspondant de l’Agence de presse indépendante de Savoie, APIS).— De vingt à trente personnes, membres ou non de l’un des mouvements indépendantistes savoisiens, ont commémoré dimanche après-midi 4 octobre 2015, au lieu dit «Méribel» à Sallanches, la bataille qui, le 28 septembre 1793, opposa ici des troupes de la Révolution française à des soldats du Royaume de Piémont-Sardaigne et à des habitants du Haut-Faucigny ayant essayé de libérer la Savoie, alors souveraine, envahie par Paris dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792.

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Après l’évocation du contexte historique dans lequel ils furent livrés et celle des combats eux-mêmes, une coupe de fleurs a été déposée au pied de la grand-croix de pierre grise qui se dresse au centre du hameau et dont le socle supporte une plaque commémorative apposée à l’orée des années 2000 à l’initiative de la Ligue savoisienne, le mouvement sécessionniste né au début de 1995 et disparu à l’automne de 2012. Sur cette plaque de marbre noir, gravée d’une croix de Savoie, se découvre l’inscription: «Hommage aux patriotes savoisiens massacrés en ce lieu par l’armée de la République française – 1793» (la Ire République française, œuvre de la Convention nationale, fut fondée le 22 septembre 1792, premier jour de l’invasion de la Savoie par les troupes de Paris).

Méribel-2015uLe dépôt de fleurs a été suivi d’une minute de silence, puis les participants à cette commémoration ont interprété le premier des cinq couplets et le refrain de l’hymne «Les Allobroges», de 1856, considéré comme le chant patriotique de la Savoie. Outre le drapeau de la Savoie et celui du Faucigny, l’une de ses six provinces, les commémorants avaient déployé ceux du Piémont et de la Vallée d’Aoste libre. Un adhérent du mouvement indépendantiste «Gioventura Piemontèisa» («Jeunesse piémontaise»), domicilié à Turin mais travaillant dans la République-canton de Genève, s’était déplacé à «Méribel»; à ses côtés, l’un des indépendantistes savoisiens avait revêtu l’uniforme dont se voyaient dotés en 1789 les fantassins du Régiment de Savoie.

Dans l’avant-propos de son livre «Les Monts en feu – La guerre en Faucigny, 1793», publié en 1995, l’historien Paul Guichonnet, professeur honoraire de l’Université de Genève, mentionne que, dès «février 1793, une large partie de la société savoyarde commençait à se détacher de la nation française, moins de cinq mois après l’invasion de l’ancien Duché par l’armée du général Montesquiou et l’annexion à la République» (sous la dénomination de «Département du Mont-Blanc»).

Début mai 1793, une insurrection, conduite dans le massif des Bornes par une jeune Savoisienne, Marguerite Frichelet-Avet, surnommée «La Frichelette» et qui sera regardée telle «la petite Jeanne d’Arc de la Vallée de Thônes», avait été réprimée de façon impitoyable. À Turin, sa capitale, ce “détachement” des Savoisiens à l’égard de l’annexionniste français avait convaincu le Royaume de Piémont-Sardaigne —dont la Savoie, ainsi que la Vallée d’Aoste et le comté de Nice, était partie intégrante— de reconquérir le territoire envahi. L’offensive, menée pendant l’été de 1793 par des soldats piémontais, valdôtains et savoisiens du roi Victor-Amédée III renforcés d’habitants du Haut-Faucigny s’étant ralliés à eux sur leur passage, avait permis de regagner le terrain jusqu’à Bonneville. La contre-attaque française, dont les combats de «Méribel» marqueront l’apogée le 28 septembre 1793, repoussera les troupes royales au-delà des Alpes.

«La bataille finale fut l’affrontement le plus sanglant jamais connu par le Faucigny, davantage que [le seront pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation allemande] les combats de la Libération», écrit Paul Guichonnet dans «Les Monts en feu – La guerre en Faucigny, 1793». Dès lors qu’était acquise la victoire des révolutionnaires de Paris, «la terreur s’abattait sur le Haut-Faucigny», relate encore Guichonnet; «les paysans des milices et les civils savoyards», étant «considérés comme des rebelles à la nation française», furent «traités avec une extrême rigueur»: passés par les armes après un jugement sommaire prononcé tandis que leurs tombes étaient déjà creusées. «Le proconsul de la Convention [le curé défroqué Philibert Simond, un Savoisien natif de Rumilly] fera fusiller sous ses yeux une trentaine de ses compatriotes faucignerans, enrôlés dans les milices», à lire toujours Guichonnet.

Le Royaume de Piémont-Sardaigne, totalement occupé —hormis la Sardaigne— par la Révolution française, ensuite le Premier Empire, recouvrera son intégrité territoriale grâce à la défaite de Napoléon Ier à Waterloo (1815). Il cédera à la France de Napoléon III le duché de Savoie et le comté de Nice au printemps de 1860, en contre-partie de l’aide militaire fournie par Paris à la réalisation de l’unité italienne. (APIS, 5 octobre 2015).

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